7
avril

Coronavirus - Se réapproprier des savoirs-faire

par Alix Bricteux
à 12h38min

Cette crise n’aura pas tant des répercussion immédiates pour Quentin – mais plutôt à moyen terme. Début avril, il devait recevoir un nouveau lot de canetons du couvoir chez qui il se fournit habituellement. Ce couvoir fournissant principalement des revendeurs sur marché, et les marchés étant annulés, le couvoir a choisi de détruire les œufs en cours de couvée – et ne pourra donc pas approvisionner Quentin. C’est un manque à gagner énorme, puisqu’il avait prévu de vendre ces canards courant de l’été 2020. Heureusement, l’écoulement de ses produits en général est peu impacté : il vend via le magasin à la ferme de la Ferme de la Sarthe, qui reste ouvert et accueille de nombreux clients ces jours-ci.

En 2020, Quentin avait prévu une phase-test de reproduction de ses propres canards. Cette crise le conforte dans la nécessité de pouvoir mieux maîtriser sa chaîne d’approvisionnement. Mais beaucoup d’incertitudes demeurent pour pouvoir produire ses propre canetons : comment assurer un bon taux d’éclosion ? Combien de canetons est-il possible de produire ? Comment assurer – sans frais de vétérinaire mirobolants – le vaccin obligatoire aux canetons dès les premiers jours ? Autant de contraintes bien réelles que Quentin espérait gérer sereinement pour une transition douce vers un approvisionnement maîtrisé. La crise du Covid-19 va accélérer les choses !

Quentin est de nature joviale, enthousiaste et a un talent de lâcher-prise qui n’a pas son pareil. Et c’est tant mieux ! Car au-delà de ces contraintes et imprévus, il doit jongler avec la garde de ses deux jumeaux en bas-age lorsque sa compagne, infirmière, travaille de 7h à 19h une semaine sur deux. Il ne peut donc pas agencer son temps comme il le souhaite : bouger un troupeau de moutons d’une prairie à l’autre est trop dangereux à faire en présence de petits enfants ! Voyez plutôt la photo (mise en scène) pour illustrer les propos ;-)

Quentin nous partage aussi un constat sur son mode de vie : un mode de vie paysan n’est pas tant chamboulé par une crise pareille. La distanciation sociale fait partie de son quotidien, car la vie se déroule principalement dans les champs et au grand air, avec peu de temps passé en dehors de la ferme. Il est de plus en plus convaincu que ses choix de vie sont les bons, et notamment car ils permettent une autonomie alimentaire.